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mercredi 25 décembre 2013

Let me introduce you... Mikhael Paskalev.

     2014 approche à grands pas & comme tous les ans, les groupes à suivre pour cette nouvelle année ne manquent pas. En tête, Mikhael Paskalev & son EP, I Spy. Indice qui ne trompe pas: il était présent à l'édition 2013 des Transmusicales. Ecoute. 




Muni de tous nos plus beaux clichés, on s'attend à ce que ce chanteur norvégien d'origine bulgare nous transporte entre plaines & fjords. Il n'en est rien. Voix cristalline & échos ne sont pas au rendez-vous. I Spy, titre sautillant & incisif, lorgne plutôt du côté road trip à l'américaine.



Assagit sur Susie ou encore Dust, Mikhael Paskalev assume ses mélodies simples mais efficaces.



Pour Come On, Paskalev mise tout sur le riff langoureux &... Ca marche: on l'écoute en boucle. 





Pour écouter l'album entier, What's Life Without Losers, ça se passe par là.
Je vous laisse avec un live de Jive Babe,
Enjoy... & play it louder!!




Si tu aimes... Half Moon Run, Edward Sharpe & The Magnetic Zeros.

lundi 16 décembre 2013

Febueder # Soap Carv EP, une pop désinhibée.

     Febueder n'est pas encore connu, mais cela ne devrait pas tarder. Avec leur premier EP, Soap Carv, les jeunes anglais (est-il encore utile de le préciser?) s'inscrivent dans la ligne de leurs compatriotes d'Alt-J... Mais aussi des Local Natives. Ecoute.



Si Galeo paraît bancal dans ses premières mesures, il se fait très rapidement saisissant. La basse se veut pressante; la batterie surprenante, rythmée par des arrêts fréquents. Ces dissensions rythmiques s'imbriquent à la guitare alors que le chant maintien la cadence.

Mais là où Febueder passe maître de la superposition, c'est incontestablement sur Sloppiness Tank. Une impression de bordel ambiant, où le moindre détail est finalement calculé. Une pop orchestrée, qui s'émancipe des diktats habituels. Febueder en fait à sa tête, et c'est aussi bien.



Sur Kanka Weak, les anglais dévoilent une nouvelle facette de leur jeu. Plus direct, il s'agrémente de cris sporadiques. Imprévisible, Febueder distille des surprises partout, tout le temps. Et c'est, sans aucun doute, son plus grand atout.


En attenant de découvrir la suite, je vous laisse avec le clip d'Alligator à l'esthétique léchée,
Enjoy... & play it louder!!


jeudi 1 août 2013

Let me introduce you... Highs # 7

     Les Canadiens n'ont pas fini de faire parler d'eux. Alors que je me suis à peine remise de la prestation d'Half Moon Run aux Vieilles Charrues (pour relire le live report, c'est par là), leurs compatriotes Highs proposent un premier EP prometteur. A mi-chemin entre Vampire Weekend & les Local Natives, Highs surgit de nulle part avec une pop millimétrée.



Si Summer Dress donne dans le déjà vu, l'intro de Nomads est irrésistible. Riffs de guitare accrocheurs & chœurs travaillés, l'équation est parfaite. Chaque chanson produit son lot de surprise, comme les étonnants "give it up" du refrain de Nomads ou encore la réponse subtile batterie/guitare sur Cannibal Coast.



Si tous les titres sont dans le même registre, Highs s'aventure sur le délicat Harvest. Planant sans jamais être ennuyant, c'est un sans faute pour Highs.

Je vous laisse avec l'écoute intégrale de Highs,
Enjoy... & play it louder!!


jeudi 6 juin 2013

Let me introduce you... Houndmouth # 6

     Le mythe Rough Trade, selon lequel le fameux label britannique tape toujours juste, n'est pas prêt de s'effondrer. Sceptique? Précipite-toi sur From The Hills Below City & laisse tes doutes se dissiper. Houndmouth, la dernière petite recrue de Rough Trade, livre un premier album éthéré & prometteur. 

Rough Trade # 2013


L'album s'ouvre sur un On The Road on ne peut plus convaincant. Son intro légère & accrocheuse nous transporte directement dans l'univers folk d'Houndmouth. Un constat: les quatre américains maîtrise avec habilité les nuances & les tensions. Si leurs débuts de morceaux se font -en apparence- timides, ce n'est que pour mieux se révéler par la suite, comme en témoigne l'excellent Come On, Illinois ou encore Krampus.



A bien écouter la suite de l'album, on comprend tout de suite pourquoi Rough Trade a craqué pour Houndmouth. Avec l'entêtant Casino (Bad Things), le charmant Houston Train ou encore l'orchestration typiquement théâtrale de Comin' Around Again, Houndmouth incarne le charme américain. Mention spéciale pour Long As You're At Home & sa question existentielle "who am I supposed to be?".

Comme tu l'as sûrement compris, avec ce premier album sans faute, Houdmouth rentre dans la cour des grands. Il ne reste plus qu'à leur souhaiter une aussi jolie carrière que celle de leurs camarades de Rough Trade... Et à attendre leur venue en France!

Je vous laisse avec le clip de Penitentiary,
Enjoy... & play it louder!!




mercredi 6 février 2013

Dom La Nena # No Meu País.




     On ne se refait pas. J'aime toujours le même genre de clip: le vintage & les voyages -comme celui de Dom La NenaNo Meu País où elle livre avec délicatesse la distance qui la sépare de sa terre natale. "Avec l’éloignement et la sensation de manque, on a facilement tendance à se créer un mélange d’images et de souvenirs idéaux : tout cela crée un décalage qui grandit avec le temps (...) Petit à petit, j’en suis venue à rechercher et à inventer par moi-même un repère, à me créer mon propre pays idéal, qui n’existe pas vraiment."
Après avoir tourné avec Coming Soon ou encore Rosemary Standley (Moriarty), la jeune chanteuse brésilienne qui étonne par l'intensité & l'élégance de sa voix sort son premier album, Ela, dont la sortie est prévue le 28 février. 


http://www.domlanena.com/FACE_20domlanena-ela_203_20LIGHT.jpg?v=1qovws16w9667tgw
Dom La Nena - Ela
Six Degrees/Universal # 2013


Dom La Nena sera présente au Printemps de Bourges,
Pour voir toutes les dates, c'est ici.
Enjoy... & play it louder!!

lundi 29 octobre 2012

Let me introduce you... Zémaria # 5

   Alors que le froid hivernal pointe le bout de son nez depuis quelques jours, Zémaria réchauffe les esprits avec leur électro-pop percutante. Leur second EP, Past 2, est sorti fin septembre & vaut le détour. Produit par Pégase, dont je vous parlais déjà ici, cet EP révèle le son prometteur du ce groupe brésilien.


 


Quoi de mieux qu'une ouverture de charleston subtilement placée pour obtenir un rythme funky? Le titre Past 2 n'échappe pas à la règle. Dès l'intro, une chose est sûre: Zémaria ne perds pas de temps pour prouver leur habilité à combiner le contretemps & le temps. Déjà présente sur Instant Lover ou Great Escape de leur précédent EP, la recette produit (encore) son petit effet. Voix perchée, synthé planant: Zémaria intègre avec simplicité les codes pop traditionnels et livre un titre délicieusement innocent & entêtant. 


De quoi patienter jusqu'à la sortie de leur album, prévue pour 2013,
Enjoy... & play it louder!!
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dimanche 21 octobre 2012

Let me introduce you... 9mary # 4

   Il était tard, j'étais fatiguée de toute la chaleur accumulée par cette journée d'été. Pourtant, j'ai allumé l'ordinateur. Presque machinalement. Et puis, au détour de quelques recherches: ô joie. Quelques notes de piano hésitantes, presque chancelantes, me saisissent. En prime? Une voix sortie de nulle part, qui ne ressemble à aucune autre. Je suis littéralement scotchée par cette voix pourtant si sûre, qui semble s'être échappée des années 60. Tu sais, c'est le genre de sensation que ne te laisse pas indifférent. Et voilà comment on se retrouve à écouter If You Can't Love This All Goes Away de l'impressionnante 9mary, en boucle pendant des semaines. Interview.


9mary - If You Can't Love This All Goes Away





«MY OWN WORLD»
Quand on découvre un nouvel artiste, on est parfois ému. Souvent intrigué. Plus rare, on se sent comme connecté à cet inconnu, à peine découvert. Des paroles qui se rattachent à un évènement vécu, des sonorités familières... L'univers de 9mary, perceptible dès la première écoute, est un condensé formidable de ces impressions. De Kiss Me Deadly , à Possession ou encore Petit Garçon (ma préférée!), 9mary surprend. Fascine. Et quand on évoque son (très) jeune âge, "peu importe" dit-elle. 9mary compte bien tracer sa route. Et elle a bien raison: le talent n'a pas d'âge.

9mary - Petit Garçon



Cette jeune anglaise, à moitié irlandaise, témoigne d'une identité musicale hors-norme, libre de toute convention. Ce besoin d'émancipation se retrouve jusque dans son pseudo, 9mary. Elle m'exprime son refus de jouer sous son vrai nom, afin de trouver un pseudonyme qu'elle estime "attirant". 9mary lui vient du titre d'une photo que son père lui avait montré, dans un livre d'Adi Da Samarj. Ça a fait "tilt". Son identité, c'est aussi ses vidéos, toutes empreintes d'un esprit rétro, reconnaissable dès les premières secondes.
A travers son pseudo, la chanteuse souhaite créer "son propre monde", qu'elle espère partager grâce à sa musique. Et 9mary voit juste. A l'écoute de ses chansons, je me dis que son monde est peut-être aussi un peu le notre, finalement. En parlant d'Irish blood, english heart de Morrissey, une chanson qui la touche particulièrement, 9mary me dit que "chaque homme devrait être sa propre personne & ne se faire dicter sa conduite par personne d'autre que soi-même". Cette chanson, qui est en quelque sorte devenue sa "devise", est "intemporelle".

Et pour cause, la musique fait partie intégrante de son monde. 9mary me confie qu'aussi loin qu'elle puisse se rappeler, elle a toujours chanté. Elle s'est mise à apprendre le piano, puis la flûte & enfin la guitare à 14 ans. C'était "naturel". Juste après, la musicienne compose Hush My Children. A 15 ans, elle avait déjà composé la plupart des chansons que l'on retrouve sur son EP Fear No More, dont Show Me.





«COMPLETELY OBSESSED IN DISCOVERING MUSIC»
Jusqu'à l'âge de 10 ans, 9mary voulait devenir... Chanteuse lyrique! Cette vocation lui vient de sa scolarité, où elle étudiait exclusivement la musique classique. Cette influence, toujours présente dans sa façon si particulière de chanter, a été mise de côté lorsqu'elle a commencé à regarder Top of the pops. 9mary avoue qu'elle est alors devenue "complètement obsédée par la découverte, l'écoute & l'immersion dans des musiques autres que la musique classique."
Parmi ses sources d'inspiration, elle cite Billie Holiday, Elvis Presley, Devendra Banhart (qui reviendra plusieurs fois dans l'interview). Et plus récemment, Bill Fay & Sybille Baier music  "pour n'en citer que quelque uns". Et quand je lui demande, dans son rêve le plus fou, avec quel artiste elle voudrait jouer, 9mary me parle de George Harrison, pour son songwriting, ou Jeff Buckley.
Elle a d'ailleurs fait de nombreuses cover, toutes magnifiques. Une fois de plus, sa personnalité est incroyablement riche. Sa voix, témoin d'une sensibilité exacerbée, semble pouvoir faire plier n'importe quelle mélodie à ses exigences. Je crois que l'adjectif atypique est celui qui la caractérise le mieux. Rares sont les artistes qui arrivent à adapter les chansons des autres à leur façon. Pourtant, c'est ce que l'anglaise réussie avec brio pour chacune de ses reprises. Je vous laisse juger par vous même!

9mary - Forever & ever (Demis Roussos cover)



9mary - Lets Get It On (Marvin Gaye Cover)



Mais ces influences, ce sont également ces 8 frères & soeurs "extrêmement talentueux", notamment Fitz. Fitz, c'est son frère aîné, qui a joué un rôle décisif dans l'influence musicale de 9mary. En duo sur Captivate, titre présent sur son EP, leur collaboration est pour l'instant suspendue, 9mary souhaitant faire sa musique "de son côté".

9mary - Captivate (feat. Fitzroy)


Mais la collaboration familiale, qu'elle décrit comme "très naturelle", se retrouve aussi dans la réalisation de ses clips, notamment If You Can't Love This All Goes Away, réalisé par sa petite soeur. Etant tous reliés par "un lien unique", 9mary trouve la création & la collaboration "plus facile".







«OPTIMISTIC OUTLOOK»
Malgré les apparences, qui laissent suggérer une mélancolie inégalable, 9mary ressent ses chansons comme étant toutes "remplies d'espoir, même si ce n'est peut-être pas immédiatement perceptible". Le titre Fear No More fait référence à l'ensemble des chansons qui, "d'une manière ou d'une autre sont toutes liées à la peur en elle même ou le fait la de surmonter, malgré la peine ou la difficulté que cela peut engendrer"

Et peut-être que le charme de 9mary réside dans ces contradictions inconciliables, qui prennent toutes leurs ampleurs à l'écoute de sa musique. Tout simplement.



Son EP est disponible sur Itunes ici,
Bon dimanche à tous,
Enjoy... & play it louder!!
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Fear No More - EP, 9mary






mardi 11 septembre 2012

Let me introduce you... The Features # 3

     Rares sont les groupes où, en les entendant la première fois, je me demande comment ai-je pu passer à côté pendant tout ce temps? C'est pourtant le cas de The Features, originaire de Sparta dans le Tennessee, découvert aujourd'hui grâce à NMEvideo: Another One & son clip vintage, avec des hommes déguisés en souris, est dangereusement addictif. Ce groupe me plaît: j'approfondi l'écoute.


The Features - Wilderness
Bug Music/Serpents & Snakes # 2012



Another One, c'est surtout ce rythme irrésistiblement dansant à la batterie, rappelant fortement Train in vain des Clash, ce qui n'est pas pour me déplaire... Le contre-temps de la charleston est roi pendant le couplet: c'est parfait. Malgré la légèreté de l'intro, ce titre est une histoire d'amour vouée à l'échec, comme le chante si bien Matt Pelham de sa voix étouffée "So tell me what you want to hear, And does it really matter, dear? Wish I knew how to get through. Lovin' you don't seem to do" (ce qui donne à peu près "Donc dis moi ce que tu veux entendre, mais est-ce que cela t'importe, ma chère? J'espère savoir comment passer à côté, car tu n'as pas l'air de pouvoir aimer"). Et puis, il y a aussi les "ooh ooh" répétitifs de ce chanteur décidément très charismatique. Le crescendo qui surplombe la chanson est brillamment réussi: la guitare se fait de plus en plus présente, la rythmique s'étoffe, le synthé s'impose.




Après l'avoir écouté en boucle, je me dis qu'il est temps de découvrir le reste de l'album. Et là, surprise. Content, qui sonne par moments comme The Black Keys, ouvre cet opus de manière on ne peut plus satisfaisante. Un rythme de transe, une voix posée, un synthé énigmatique & des choeurs inhabituels... The Features sont loin de se cantonner à une pop sympatoche, peu recherchée.  

Si toi aussi tu aimes le tabouret dalmatien & la valise qui fait office de grosse caisse...



Kids confirme cette impression de renouvellement constant. Ce titre résolument rock, flirtant avec une rythmique limite punk, réveille l'album comme il se doit. Brut. Intense.

Mais leur allure vintage savamment travaillée les rattrapent sur Fats Domino (divinement ternaire, cela va de soi) ou Big Mama Gonna Whip Us Good: rythmique inspirée des années 60s, synthé digne des Doors, choeurs surf music. Une fois de plus, The Features (d)étonnent.




Les titres défilent mais les américains ne s'essoufflent pas, bien au contraire. Sur How It Starts ou encore Rambo, Matt Pelham dévoile une voix plus rocailleuse, puissante. Et là encore, un phrasé inhabituel mais incroyablement naturel, semble être la signature de The Features. 




Golden Comb & ses orchestrations qui s'excitent, ce son toujours plus recherché, cette tension permanente qui guide le titre dès les premières notes. Et l'amour déchu, encore "Well I tried & I tried to keep you satisfied. Give my heart, but you don't seem to care" (ce qui donne a peu près "Mais j'essaye & j'essaye de te rendre satisfaite. Je te donne mon coeur, mais tu n'as pas l'air d'être intéressée"). 




Chapter III clôt cet album de la plus belle façon. Une mélodie entêtante qui survit à toutes les ambiances différentes qui se succèdent au cours de ce morceau. Car finalement, c'est peut-être ça The Features: créer la surprise à chaque chanson, chaque note, de manière si naturelle. Pas étonnant pour Pelham qui déclare "depuis que nous sommes enfants, la seule chose que chacun d'entre nous voulait faire, c'était de faire de la musique. (...) A tel point que, cela dure depuis tellement que je ne saurai pas ce que l'on pourrai faire d'autre. C'est tout ce que nous savons faire." Pour ma part, je trouve cela amplement suffisant.  



Je vous laisse avec un acoustique de Offer up, 
Enjoy... & play it louder!!







samedi 30 juin 2012

Let me introduce you... Elisa Jo # 2

   Avec sa voix débraillée & jazzy, Elisa Jo a déjà tout d'une grande. Du haut de ses 18 ans, cette maturité vocale est d'autant plus étonnante. Issue de la génération Y, son succès prématuré a été facilité, comme pour tant d'autres, grâce à internet.  


Après avoir pris des cours de piano, Elisa Jo s'essaye au chant vers l'âge de 14 ans, lorsque son professeur de piano lui confie vouloir composer pour elle. Ensemble, ils réalisent un album auto-produit qu'ils diffuseront sur Myspace en septembre 2010. En un an, ses vidéos seront vues plus de 700 000 fois par les internautes. Repérée par France Bleu, la jeune chanteuse est mise en avant lors d'un concert à Rouen, avant d'entamer de nombreuses premières parties (Irma, Alela Diane, Coeur de Pirate...). Par la suite, le chanteur & compositeur Benjamin Biolay tombe sous la charme de cette voix lorsqu'il entend, au hasard dans un studio, une des maquettes d'Elisa Jo. La collaboration était alors inévitable: ainsi s'est officialisé Back around, premier EP d'Elisa Jo.  


Elisa Jo - Back Around
Universal Music, Philippines Inc # 2012



Pour les inconditionnels d'Adele ou encore d'Emiliana Torrini, Elisa Jo incarne un susceptible ersatz. De Milk & Honey à Two Legs, son timbre vacille frileusement entre ses deux artistes remarquables. Sur Milk & Honey, sa voix est sublimée par des nappes astucieuses de violons & de choristes. Le talent d’arrangeur de Biolay est indiscutable.


Sur Back Around, la guitare groovy & les ghost notes de caisse claire savamment pensées servent à merveille cette ode aux sixties. Moderne malgré les nombreuses références dédiées aux Beatles, la surprise de ce titre est la présence radieuse des Rizzle Kicks.

Back Around (feat. Rizzle Kicks)



Vous l'aurez compris, loin d'être l'artiste indispensable du moment, Elisa Jo livre cependant un projet agréable, en attendant qu'elle nous offre un opus plus abouti. Pour l'instant, elle réussi l'exploit de me faire écouter en entier What's My Name de Rihanna (vidéo en bas de l'article) & c'est déjà pas mal, non?

Désormais signée chez Fontana/Mercury (Universal), la collaboration Elisa Jo/Biolay se poursuivrait pour son premier album.
Affaire à suivre, donc.


Enjoy... & play it louder!!



What's My Name (Rihanna's cover)


SITE OFFICIEL


jeudi 7 juin 2012

Let me introduce you... Nick Waterhouse # 1

  Dans un monde idyllique où Amy Winehouse serait encore en vie, un duo entre la diva soul & Nick Waterhouse aurait, certainement, été d'un naturel sans précédent. Au-delà de leurs noms presque semblables, leurs styles vestimentaires & musicaux, largement influencé par les sixties, défient les auditeurs: rester de marbre face à une musique authentique. Ne vous trompez pas sur l'homme: malgré ses airs de nerd qui peuvent en agacer plus d'un, Nick Waterhouse n'est pas un produit marketing qui tente de surfer sur la vague posthume de Winehouse. La preuve? Son premier EP, entièrement auto-produit, est sorti en édition limitée sur son propre label (a.k.a PRES Records Co). Le succès a été immédiat.




Désormais hébergé sur le label Innovative Leisure (aux côtés d'Hanni El Kathib, découverte de l'année précédente), le premier album de Waterhouse, Time's All Gone, révèle un son brut inhabituel. Enregistré & produit en analogique, le natif de San Fransisco a su créer un antagonisme parfait entre nostalgie & modernité.





D'emblée, Nick Waterhouse, accompagné de ses choristes doo-wop, The Naturelles, livre le blues-rock efficace de Say I wanna know, grâce à une section cuivre simple mais entêtante. Il n'en faut pas plus pour imaginer une cave enfumée de Memphis, le berceau du blues, rythmée par la voix rocailleuse du jeune homme de 24 ans, seulement.





Sur (If) you want trouble ou encore Some place, Nick range définitivement ses airs de garçon faussement irréprochable. Sa voix évoque étrangement les Black Keys, tandis que le piano endiablé est hérité des classiques de Ray Charles. Les pauses répétitives, de quelques temps seulement, sont uniquement présentes pour rappeler que, décidément, c'est l'incroyable Waterhouse qui mène la danse. Même si cela paraît être une évidence, il préfère s'en assurer. Is that clear?





Changement de décor avec Don't you forget it. Minimaliste, ce titre repose essentiellement sur le rythme afro-cubain de la batterie, créant ainsi une certaine transe, similaire à Indian love call. Impossible d'en rester là, on en redemande & il répond avec charme & élégance I can only give you everything. Raina, dont les prémices rappellent assurément l'incontournable Be my baby des Ronettes, est magnifiquement envoûtant. Loin d'être soporifique, ce slow dévoile une force subtile lorsque le prodige s'aventure dans un registre plus grave.


Malgré les multiples références que l'on décèle dès la première écoute de Time's All Gone, le gars de Californie s'est taillé un style sur-mesure, étonnamment rafraîchissant. Avec une presse unanime à son sujet, le second album de l'artiste sera sûrement attendu au tournant. Pour patienter, le Nouveau Casino accueillera Nick Waterhouse, le 3 juillet, pour son premier concert officiel en France. Avec son style si particulier, impossible de la perdre de vue d'ici là...


Je vous laisse avec un live enregistré à Berlin, début mars,
Enjoy... & play it louder!!